dimanche 1 mai 2016

Un homme mesuré, ou comment cela peut devenir l'histoire de la vie de quelqu'un

La situation gouvernementale est un peu instable. Mais, avec des politiques d'austérité et les changements pour les conditions d'emploi des professeurs, menant à des journées de grève qui, en retour, annule des cours ou les fait reporter à une autre journée, causant des problèmes pour l'organisation de l'horaire et plus encore, l'instabilité semble être justifié. Oui, les ardeurs des enseignants et des enseignantes se sont calmés jusqu'à un certain point, mais le tout peut basculer n'importe quand. Au moins, le tout ne s'est pas réglé avec une loi spéciale, autrement, il y aurait probablement une autre Crise d'Octobre, mais à une échelle réduite. La politique peut ruiner des vies, non?

C'est dans ce climat que le livre Un homme mesuré de Gilles Pellerin, l'un des professeurs à Garneau, atterit dans les coopératives étudiantes. De toute façon, je ne penserai même pas que le livre se retrouverait dans les magasins à grande surface, comme les Archambaut et les Renaud-Bray de ce monde. D'ailleurs, une petite question: a-t-il eu des oeuvres publiés par la maison d'édition L'instant Même qui est en vente dans les grandes surfaces?

En ce qui concerne le livre même, Un homme mesuré est le genre de livres que j'ai acheté pour supporter les besoins financiers de l'auteur pour une opéraion à la jambe. D'accord, oui, c'est mon professeur. Et alors? Ce n'est pas comme si j'ai eu une forme de bias pour mon bain de lecture. Maintenant que j'y pense, je ne crois pas que l'achat de mon exemplaire aurait importé pour les finances personnelles, puisque l'auteur ne touche qu'à dix pour cent des profits selon un reportage d'Enjeux en 2003. J'ignore si la situation s'est amélioré, mais ça expliquerait pourquoi il est toujours enseignant au cégep Garneau. Enfin, revenons à nos moutons: c'est une histoire classique, la vie au jour le jour d'un employé gouvernemental avec une situation familiale tendue et qui termine avec une fin ambigue, pour ne pas donner le dénoument. Durant le cours du roman, on le suit dans la sphère familiale et professionelle, ce qui est utilisé comme étant une forme de critique sur la société québecoise d'aujourd'hui, avec tous ses problèmes et autres détails.

Pourquoi ça m'a marqué

Outre le fait que on sait que le narrateur est un père de famille marié qui travaille pour une instance gouvernementale,  on ne sait rien d'autre sur ce personnage: on ne sait pas son nom, son apparence, rien. Nada. Donc, il y a une petite possibilité qu'on puisse se projeter dans cette personne. Après tout, quoique minime, il y a une faible chance que cela puisse nous arriver, qu'on ait des problèmes avec nos supérieurs ou qu'on souffre pour leurs crimes. C'est possible qu'un jour ou l'autre, l'histoire de ce livre devient notre histoire, mais adapté à ce qu'on fait actuellement.

Aussi, je crois qu'on peut, à un certain moment dans notre vie, avoir déjà vécu des situations similaires à ce que le narrateur décrit (ou du moins, excepté la fin, parce que je ne pense pas qu'il y ait eu un tel événement), ce qui donne une autre raison pourquoi se projeter dans ce personnage sans identité propre est possible.

Bref, ce livre sait comment nous y accrocher du début jusqu'à la fin.

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