mardi 3 mai 2016

Matéo et la suite du monde... une récursion?

Qui sait de quel style de film est Pour la suite du monde? Pour ceux qui ne savent pas ou n'ont pas pris de cours de cinéma dans lequel il y avait un extrait qui jouait dans l'un des cours, c'est un film documentaire de Michel Brault qui repose sur le témoignage de deux ancêtres qui, autrefois, pratiquaient la pêche aux marsouins. Ce film a donné l'occasion à la jeunesse de l'Île aux Coudres de pratiquer cette pêche ancestrale qui, autrefois, avait été interrompue depuis 1924, avec leurs ancêtres. Ainsi, cette culture a été transmise d'une génération à une autre... pour la suite du monde. D'accord, vous pouvez faire ce son avec la batterie quand quelqu'un dit une bonne blague. Bref, revenons au sujet.

Le théàtre de la Bordée avait organisé une pièce de théâtre qui avait été joué en Février. Le nom de la pièce est Matéo et la suite du monde. L'histoire de la pièce est simple: Matéo, un étudiant diagnostiqué avec le syndrome d'Asperger, étudie à l'université pour devenir cinéaste. Un jour, durant un cours, il lève la main, comme s'il voulait poser une question. Par contre, ce qui est arrivé, en fait, c'est qu'il s'est replié dans son for intérieur. Qui est le personnage manquant dans l'histoire de Matéo, demandent les voix en lui?

Le tout se suit avec des segments du style "au jour le jour" dans lequel la soeur de Matéo, son professeur, son meilleur ami et certaines personnes inconnus s'entremêlent, jusqu'au moment où tout bascule et se souvient finalement de qui est le personnage manquant: son père. Pourquoi est-il celui qui manque à l'appel? Hum... je m’abstiens de donner le punch. Après tout, à moins que la pièce soit discontinué, je ne vois pas pourquoi je donnerai l'élément-clé qui donne le thème de la pièce: la transmission de savoirs.

Pourquoi ça m'a marqué

Outre le fait que les handicaps, qu'ils soient physiques ou intellectuelles, ne peuvent pas prévenir quiconque de devenir un acteur (certains des acteurs de la troupe de l'organisme Entr'actes ont actuellement le syndrome d'Asperger), donc on peut avoir une idée sur comment est la vie lorsqu'on est affecté par un trouble similaire. Aussi, l'un des thèmes est, techniquement, le transmission des savoir du parent à l'enfant. Comment on fait si l'un manque à l'appel? Peut-on quand même le transmettre? La pêche aux marsouins a été interrompue depuis 1924 et n'a été repris que quand l'équipe de Michel Brault était allé à l'Île aux Coudres pour faire leur documentaire. Autrement, j'ignore si cette tradition se continue, mais considérant que ces marsouins, qui sont comment la population de la localité appelait les bélugas, sont considérés comme étant quasi menacés, ce ne serait pas surprenant si ce ne serait pas le cas, considérant que l'activité humaine est l'une des causes de la perturbation de leur environnement.

Bref, si vous le pouvez, allez voir cette pièce. Oui, il y a des moments où c'est lourd, mais ça vaut la peine. Vraiment. Encore faut-il attendre de nouvelles représentations, bien sûr.









lundi 2 mai 2016

Hélène Dorion: erreur 404, essayer un recommencement?

La littérature québecoise passe son temps à rester en-dessous de mon radar, jamais à être détecté. Ouais. Bon, d'accord, ça, et une combinaison d'autres facteurs, dont le manque d'intérêt, l'ont mis en-dessous, justement. La seule raison pourquoi j'ai lu des livres du répertoire littéraire québecois est parce que l'un de mes cours le demande. Autrement, je lis des bandes dessinés (de toutes origines, donc ça inclut les mangas) ou des livres documentaires, ce qui est mon achat le plus récent dans une librairie. Mais bon, je pense qu'on va en dehors des rails avec ça, donc prenez un portrait d'Hélène Dorion.

http://editionsdruide.com/ui/img/auteur/hiver-2014/helene-dorion_small.jpg 
Pourquoi ce portrait? C'est simple: je parle de l'un de ses livres que j'ai lu dans le cadre du cours Femmes et littérature. Ce livre est Recommencements. De ce que j'ai compris, c'est une femme qui part en voyage afin de vivre le deuil de sa mère récemment décédée. Puis, la narration nous plonge dans un mysticisme avec des racines orientales et tout ce symbolisme inclus. Cette femme, qui est la narratrice, est une auteure de 55 ans. Elle était en rupture amoureuse, elle n'a pas d'enfants et vit un deuil, tel que mentionné plus tôt. J'ai su qu'avoir des enfants constitue une entrave dans la vie d'une écrivaine, puisque le temps où elle aurait pu consacrer à son oeuvre est drainé par des bambins vampiriques. Oui, je sais qu'il y a des cas où que des écrivaines ont eu des enfants. Cependant, ces cas impliquent leur mère écrivaine vivant de la plume pour subvenir à leurs besoins, donc ce sont des exceptions à la règle.

Non, la narratrice n'est pas l'auteure de ce roman. Sérieusement, je croyais qu'on vous avait déjà appris ce détail? Non? D'accord, on l'apprend tous, de toute façon. Après tout, ce roman a été écrit au "je", donc c'est simplement un personnage point-de-vue ou, si on est dans les termes un peu plus techniques, un narrateur homodiégétique.

Pourquoi ça m'a marqué

Autant être honnête: le deuil est un sujet lourd. Tu perds quelque chose ou quelqu'un qui te tient à coeur et ça te frappe là où, comparé à la douleur actuelle causé par la perte d'un être ou objet cher, une blessure physique, peu importe sa gravité, serait traité comme étant une égratignure. Les blessures physiques ne prennent pas de temps à guérir alors que les blessures psychologiques, c'est une autre histoire. Peut-on même traiter la perte d'un parent comme étant la sortie d'une personne de l'enfance et son insertion à l'âge adulte? D'ailleurs, comment un parent se sentirait s'il découvrait qu'il vivre plus longtemps que son enfant? Tout bon parent n'a pas à enterrer sa progéniture. On vit le deuil, on vit une potentielle résurrection ou perdition.

On dit qu'on ne sait pas ce qu'on a jusqu'à ce qu'on le perde. En réalité, on sait ce qu'on a et ce qu'on possède. On n'a jamais pensé à l'éventualité qu'on le perderait. Une chose est sûr: il faut apprendre comment vivre sans ces trucs car, éventuellement, on perd tout.

dimanche 1 mai 2016

Un homme mesuré, ou comment cela peut devenir l'histoire de la vie de quelqu'un

La situation gouvernementale est un peu instable. Mais, avec des politiques d'austérité et les changements pour les conditions d'emploi des professeurs, menant à des journées de grève qui, en retour, annule des cours ou les fait reporter à une autre journée, causant des problèmes pour l'organisation de l'horaire et plus encore, l'instabilité semble être justifié. Oui, les ardeurs des enseignants et des enseignantes se sont calmés jusqu'à un certain point, mais le tout peut basculer n'importe quand. Au moins, le tout ne s'est pas réglé avec une loi spéciale, autrement, il y aurait probablement une autre Crise d'Octobre, mais à une échelle réduite. La politique peut ruiner des vies, non?

C'est dans ce climat que le livre Un homme mesuré de Gilles Pellerin, l'un des professeurs à Garneau, atterit dans les coopératives étudiantes. De toute façon, je ne penserai même pas que le livre se retrouverait dans les magasins à grande surface, comme les Archambaut et les Renaud-Bray de ce monde. D'ailleurs, une petite question: a-t-il eu des oeuvres publiés par la maison d'édition L'instant Même qui est en vente dans les grandes surfaces?

En ce qui concerne le livre même, Un homme mesuré est le genre de livres que j'ai acheté pour supporter les besoins financiers de l'auteur pour une opéraion à la jambe. D'accord, oui, c'est mon professeur. Et alors? Ce n'est pas comme si j'ai eu une forme de bias pour mon bain de lecture. Maintenant que j'y pense, je ne crois pas que l'achat de mon exemplaire aurait importé pour les finances personnelles, puisque l'auteur ne touche qu'à dix pour cent des profits selon un reportage d'Enjeux en 2003. J'ignore si la situation s'est amélioré, mais ça expliquerait pourquoi il est toujours enseignant au cégep Garneau. Enfin, revenons à nos moutons: c'est une histoire classique, la vie au jour le jour d'un employé gouvernemental avec une situation familiale tendue et qui termine avec une fin ambigue, pour ne pas donner le dénoument. Durant le cours du roman, on le suit dans la sphère familiale et professionelle, ce qui est utilisé comme étant une forme de critique sur la société québecoise d'aujourd'hui, avec tous ses problèmes et autres détails.

Pourquoi ça m'a marqué

Outre le fait que on sait que le narrateur est un père de famille marié qui travaille pour une instance gouvernementale,  on ne sait rien d'autre sur ce personnage: on ne sait pas son nom, son apparence, rien. Nada. Donc, il y a une petite possibilité qu'on puisse se projeter dans cette personne. Après tout, quoique minime, il y a une faible chance que cela puisse nous arriver, qu'on ait des problèmes avec nos supérieurs ou qu'on souffre pour leurs crimes. C'est possible qu'un jour ou l'autre, l'histoire de ce livre devient notre histoire, mais adapté à ce qu'on fait actuellement.

Aussi, je crois qu'on peut, à un certain moment dans notre vie, avoir déjà vécu des situations similaires à ce que le narrateur décrit (ou du moins, excepté la fin, parce que je ne pense pas qu'il y ait eu un tel événement), ce qui donne une autre raison pourquoi se projeter dans ce personnage sans identité propre est possible.

Bref, ce livre sait comment nous y accrocher du début jusqu'à la fin.

mardi 15 mars 2016

Thomas Hellman: spectacle et autres détails

Thomas Hellman est un artiste de blues né d'un père texan et d'une mère française. Pour faire un court résumé de son parcours, il a étudié à l'université McGill, lancé un album dans lequel il chantait des poèmes de Roland Giguère, a fait une tournée, des chroniques pour Radio-Canada et plus encore. Qu'à-t-il fait cette année? C'est simple. Cependant, encore faut-il expliquer mon expérience avec sa bibliographie actuelle.

J'ai croisé son chemin deux fois: la première fois, c'était à la Maison de la Littérature, une église qui a été rénové de l'intérieur pour la transformer en bibliothèque et bar à spectacles, les deux éléments ayant chacun leur propres étages. C'est aussi proche du Morrin Centre, qui est une bibliothèque anglophone. Le 18 février, il avait donné un spectacle, Rêves américains, qui était composé d'éléments de l'histoire des États-Unis d'Amérique: les rencontres avec les premières nations, les ruées vers l'or, l'histoire de John Henry, qui avait triomphé contre une machine dans un concours pour construire un chemin de fer, seulement pour mourir le coeur brisé, et plus encore. Il a aussi inclus des histoires de l'Amérique pendant le krach boursier, incluant même un extrait du roman Les raisins de la colère. Le tout s'est formé durant un voyage qu'Hellman avait entrepris.

La deuxième fois, il était venu au Cégep Garneau, durant le bloc libéré d'un jeudi. Durant cette rencontre, il avait parlé de sa vie, de son parcours, de son processus de création et de son spectacle la semaine précédente. Il avait aussi demandé des questions des autres élèves, donnant un album au premier et au dernier. Les détails que j'ai retenus sont que son studio est rempli de papiers, que c'est un bordel: même ses instruments, comme son piano, est recouvert de feuilles de notes, de paroles et tant d'autres. D'accord, peut-être la création vient du chaos, mais ça, c'est pousser à l'extrême. Qui dit qu'il pourrait égarer sa nouvelle création dans cette mer de feuilles de papier? Aussi, j'avais appris qu'il avait connu les deux musiciens depuis son temps à la garderie. Ça peut être une preuve que les plus vieilles fréquentations peuvent s'avérer être les meilleurs partenaires dans ce genre d'industrie ou du moins, durant les spectacles avec une audience, comme ce qui s'est passé à la Maison de la Littérature.

Pour le spectacle même, j'ai adoré, mais sans plus: je ne suis pas vraiment quelqu'un qui consomme le blues comme un cocaïnomane qui prend de la coke avec son déjeuner, son diner et son souper. Non, de mon côté, vous verrez plus du matériel crée par des groupes tels que Blind Guardian, Volbeat, Celldweller et plus encore. Bref, le blues n'est pas mon style de musique préféré: j'ai grandi avec un disque de Green Day, contrairement à la majorité d'enfants qui seraient exposés aux chansons pour enfants. Pur et simple. Par contre, j'admets que le spectacle était superbe. Qui sait, peut-être cela me persuadera d'aller voir son matériel précédent ou d'aller écouter plus de blues. Peut-être pas aujourd'hui, mais possiblement demain ou durant mes vacances, là où j'aurais tout le temps libre que je pourrais trouver. Sérieusement, je le recommande s'il y a quelqu'un qui veut savoir si on a un artiste de chez nous qui travaille ce style musical.

Autrement, pour moi, le blues n'est qu'un désert possiblement saharien dont le seul point de repère est un homme qui a des racines françaises et texanes, né au Québec.

Le Matou: chats, restaurants, Méphistophélès

Qu'est-ce que l'effet papillon? C'est qu'un battement d'ailes de papillon ou une petite action peut causer un grand événement ou une chaîne de ceux-ci, normalement de nature catastrophique. Par exemple, une chanson joué avec de la flûte peut causer une tempête tropicale.

Le roman Le Matou d'Yves Beauchemin tire quelques similarités avec ce phénomène. Seulement, à la source, je ne crois pas que ce soit vraiment l'application de l'effet papillon plutôt qu'une illusion de ce dernier. En réalité, la source des malheurs du personnage principal du roman, Florent, vient de son entente avec Méphistophélès, c'est-à-dire, un vieillard nommé Egon Ratablavasky, si je me souviens bien: je l'ai lu dans l'école secondaire, mais ce n'est pas le roman que j'ai gardé en souvenir de mon temps à l'école des Compagnons-de-Cartier: l'honneur revenait à Shining de Stephen King. Par contre, je me souviens de l'avoir lu, donc c'est déjà ça.

Revenons aux moutons qui s'échappent à l'anglaise: Florent obtient l'aide d'Egon afin d'obtenir le restaurant La Binerie Mont-Royal. Une mauvaise décision (je crois que c'est soit une machination du vieil homme ou un mauvais choix de partenaire, qui est Slipskin, mais il faudrait que je me rappelle s'il est anglophone ou juif) lui fait perdre le restaurant, il se retrouve ruiné, il essaie de retrouver ses gains, il gagne de l'argent, il fonde son propre restaurant et pousse son ancien partenaire d'affaires à la fallite. Quel ironie.

Mais pourquoi est-ce nommé Le Matou? C'est simple: l'un des personnages est un enfant, Émile, négligé et qui a comme éternel compagnon un chat. D'un point de vue technique, le chat se retrouve malgré lui le ''héros'' de l'histoire, Florent étant relégué à fournir un point de vue ou un fil conducteur pour l'histoire. Pour le chat, ça finit bien: il se fait adopter par le restaurateur et sa femme, je crois: je sais qu'il fréquente une femme, mais je ne me rappelle plus s'ils étaient vraiment mariés ou non.

Par contre, Émile n'a pas été aussi chanceux: il grimpe sur un poteau pour une raison que je ne n'arrive pas à me remémorer, glisse et tombe à sa mort. En ce qui concerne la fin en version abrégé: le chat, vengeur, attaque Egon qui passait pour une visite et le couple, ne pouvant pas ne plus se souvenir de la mort d'Émile, décident de déménager.

Pourquoi ça m'a marqué

Je pense que Le Matou peut être utilisé comme exemple en quoi il faut bien choisir avec qui on veut s'associer, puisque si on fréquente la mauvaise personne, il y a de grandes chances que son offre peut se tourner en véritable pacte avec le diable: dû aux machinations d'Egon, Florent a perdu, entre autres, sa fortune et son restaurant, qu'il a travaillé dur pour en devenir le propriétaire. Le plus pire, cependant, est qu'ultimement, Émile est mort à cause d'Egon. Mais le pire dans tout cela est: quel était la motivation de ce vieillard à transformer la vie de Florent en enfer sur terre? Mais qui est ce vieillard, en réalité? L'auteur nous laisse dans le vide pour ces questions, ce qui craint. Par contre, pour notre chemin personnel, est-il vraiment nécessaire 'emprunter des chemins peu recommandables et écraser les pieds d'autrui en les arnaquant?

Ce qui me marque dans ce livre est que c'est essentiellement l'histoire de comment tout peut aller mal à un certain moment même si tout va bien dans la vie personnelle. Quand on dit de se préparer pour le pire, surtout quand tout est parfait dans la vie, ce livre est un bon exemple. Comme disent les Starks, winter is coming. L'hiver s'en vient. Préparez-vous au pire, même si on est dans la meilleure situation possible dans notre vie personelle.